Giulia Larigaldie

INTERVIEWS

Une interview commence par une recherche minutieuse pour apprivoiser et s’approprier des domaines aussi variés que l’art contemporain américain du XXème siècle, la haute gastronomie française, l’industrie musicale en Corée, les coulisses de l’accouchement d’un livre couronné du prix Goncourt…

Puis vient le moment de la rencontre : un moment de partage, à chaque fois unique et précieux. À partir d’un scripte de questions, pouvoir rebondir en fonction de son interlocuteur ; être flexible pour avoir un entretien vivant et riche de contenu.

Enfin, vient le travail solitaire de retranscription : savoir parfois changer les mots mais jamais trahir une pensée !

Interview Pierre Lemaitre (Petit Échotier, Nov.-Déc. 2015)

« Si j’économisais mes personnages, j’aurais un roman plat. Cela devient intéressant à partir du moment où le héros est en apnée, au fond de la piscine… Si le personnage ne souffre pas, le lecteur ne souffre pas. Et alors il ne se passe rien. On ne fait pas de la bonne littérature avec des bons sentiments. »

« J’écris sur le monde tel que je le connais. Je pense que la plupart des gens sont des personnes d’une grande banalité qui font comme ils peuvent dans la vie et qui, face à une situation exceptionnelle peuvent passer, sans le vouloir, dans le camp des héros. Un antihéros, c’est quelqu’un qui n’a pas du tout le profil du rôle, mais qui le devient quand même. Je pense que le monde est rempli d’antihéros. » 

Interview Pierre Gagnaire (Petit Échotier, Mai-Juin 2015)

« La cuisine m’a permis de révéler ce que j’avais de meilleur en moi : l’humanité, le partage, l’envie de bien faire, le plaisir de construire quelque chose qui est élégant, beau et doux. »

Interview Ulla Reimer (Petit Échotier, Nov.-Déc. 2015)

« Je suis attirée par l’ombre parce que je pense qu’on peut toujours trouver du beau dans le laid, et je trouve cela plus facile et plus intéressant que le contraire. J’ai vécu beaucoup de moments difficiles et mes images retranscrivent parfois cette noirceur, ce côté sombre, même si je suis finalement une personne très positive. Je pense que toute chose arrive pour une raison, il faut savoir l’accepter et en faire sa force. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’un artiste doit travailler tous les jours, quelle que soit son activité : observer, lire, peindre, écrire… Il ne peut jamais rester inactif. Il doit garder constamment un regard aiguisé sur le monde qui l’entoure. »

Interview Gontran Cherrier (Petit Échotier, Nov.-Déc. 2014)

« Ce qui me passionne le plus, c’est de trouver des produits locaux et les incorporer à une recette française. Essayer de créer un pont entre les deux cultures. »

Interview Annie Cohen-Solal  (Petit Échotier, Sept.-Oct. 2015)

« Pour mes livres, je commence par une recherche d’archives, à laquelle s’ajoutent une interprétation de sociologue, et une enquête de journaliste. Et je maintiens la voie narrative pour toucher le plus large public. ».

« Les artistes portent des messages qui sont en-dehors du temps, au-delà de l’espace. Ils sont des créateurs de symbolique.  Ce sont des passeurs, qui traversent les cultures et les transforment, bousculant les codes établis. On peut aussi dire que ce sont des sonneurs d’alerte, des whistleblower. »

Interview Molloon Kyen (Petit Échotier, Sept.-Oct. 2014)

« À l’époque je pensais que la musique n’était pas seulement de l’art, mais quelque chose de vivant, une forme de communication entre les êtres humains. Et comme je trouvais que je n’étais pas très bonne pour communiquer avec les gens, je voulais que l’on puisse me comprendre à travers ma musique. »

« Un soir, j’ai contemplé le ciel et les étoiles. C’était magnifique. J’imaginais une musique et les arbres dansant ensemble. Ce monde me faisait rêver. J’avais l’image du film Wall.E : un petit extra-terrestre qui vit tout seul sur sa planète déserte et qui passe ses journées à la nettoyer, espérant ainsi que les gens voudront revenir une fois qu’elle sera propre. Cela m’a fait penser à moi. »

Interview Kaela Suarez (Petit Échotier, Janv.-Févr. 2015)

« Je vis à la DMZ…Nous avons le terrain de golf le plus dangereux du monde car entouré de champs de mines ! »

Parfois, il faut aussi renoncer à un article sur lequel on a passé des heures innombrables parce que le sujet se rétracte…

« Des rubans noirs et rouges claquaient dans l’air froid et sec de notre premier hiver coréen. Un carton de récupération avec des choses écrites à la main était posé de guingois sur une chaise sale. Au début, il y avait même de la musique. Puis la musique s’est tue et ne sont restées que ces dames assises en silence au coin de ces deux rues. Jour après jour. Pourquoi étaient-elles là ? Il me fallait écouter leur voix, comprendre puis faire entendre leur histoire.  »

« Les Dames de Rever Ville » – Giulia Larigaldie