La mémoire est une affaire de choix. Alors est-ce que transmettre, c’est trahir ?
⚠️ La mémoire recompose, redessine, évite, éjecte. Elle est aussi arbitraire et partiale que nous le sommes. Comment alors combler les trous, faire parler les morts, et dérouler une histoire sans trahir ?
🔥 Je suis en train de terminer la biographie d’une femme incroyable… née en 1886 et morte depuis plus de quarante ans. Pour cela, je me base sur les témoignages de ses descendants, forcément incomplets, et des rares documents disponibles.
🎯 Ce n’est pas une mince affaire. Vient un moment où il faut faire des choix, remblayer les béances d’une histoire. C’est un exercice délicat, difficile mais passionnant. Pour avancer, j’ai effectué de nombreuses recherches puis essayé de capturer la « substantifique moelle » de cette femme afin de m’y cramponner. L’émergence d’un ensemble composé de données et d’intuition m’a guidée pour avancer et tracer un récit.
À ce titre, la démarche des deux autrices de « The personal librairian », Marie Benedict et Victoria Christopher Murray, me semble particulièrement intéressante (roman sur l’incroyable histoire de Belle da Costa Green qui fut la bibliothécaire de J.P. Morgan, et l’aida à constituer une collection remarquable et enviée du monde entier, tout en se faisant passer pour blanche dans les États-Unis du début du siècle).
👉 Et vous, comment procédez-vous ? Je serais heureuse d’avoir vos retours.